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Entretien avec monsieur Philippe Chanel, économiste consultant Capgemini consulting

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Interviews » Le 25/08/2011 à 11h57 par Bachir AMAR S'abonner au RSS RSS Commentaires (0)

Bonjour monsieur Chanel, pouvez-vous vous présenter?


Bonjour, je suis Philippe Chanel, économiste consultant en énergie pour Capgemini Consulting jusqu’à présent et en projet de recentrer mon activité autour mon expertise sectorielle pour accompagner les innovations, investissements et performances des entreprises du secteur.

Quel a été votre parcours académique et professionnel


Après un DEA à l’université Lyon 2 Lumière, spécialisée en économie financière et en économétrie, j’ai commencé dans une société spécialisée dans la publication d’études de marketing stratégique. Par la suite, j’ai rencontré une personne qui désirait monter sa propre entreprise, j’ai ainsi participé à l’élaboration de la structure  à partir d’une offre sur des benchmarks (démarche d’observation et d’analyse des performances atteintes et des pratiques utilisées par la concurrence ou par des secteurs d’activité pouvant avoir des modes de fonctionnement réutilisables par l’entreprise commanditaire) dans le domaine de l’énergie. 


Par la suite, j’ai travaillé trois ans à la Commission de régulation de l’énergie qui est la principale institution de régulation de l’énergie. J’y ai travaillé comme membre d’une équipe chargée la  régulation économique des activités de réseaux et j’étais en charge des investissements du transport. Ce qui m’a permis de développer mon expérience dans le secteur de l’énergie, en particulier sur des activités régulées.


Ensuite, je suis retourné chez Adéquations où j’ai notamment travaillé en partenariat avec Capgemini pendant 18 mois avant de les rejoindre. Depuis 2007, je suis consultant pour Capgemini Consulting. J’ai travaillé toujours sur la conduite de benchmarks de performances et je réalise beaucoup d’analyses sur le secteur de l’énergie notamment sur la mise en place des smart grids (mariage des moyens communicants modernes et des réseaux électriques).


En quoi consiste votre métier d’économiste?

 
L’économiste d’entreprise doit savoir s’appuyer sur certaines méthodologies spécifiques et rigoureuses qui permettent de modéliser et comparer les performances économiques, dans le but d’identifier les gisements de productivités et les meilleures pratiques. Pour les grandes entreprises du secteur Energie, il est courant de faire des benchmarks à l’échelle européenne qui peuvent être d’ordre qualitatif ou quantitatif afin de trouver les axes d’amélioration des performances ou de meilleures pratiques productives.

Un bon économiste doit être en mesure de lier la technique, la pratique à l’analyse économique car plusieurs facteurs seront à prendre en compte dans ses modèles. Il est aussi nécessaire de posséder une vision large et un bon sens commercial, surtout pour les postes de consultant.


Quelles mutations a traversé le marché de l’énergie sur les dernières années?


Depuis une dizaine d’années, un processus de mutations profondes a été lancé à l’échelle de l’Européenne afin de séparer les différentes composantes du marché. Le but de cette démarche était de créer de la concurrence dans les segments sur lesquels elle pouvait être vertueuse. Ces contraintes ont engendré des investissements significatifs. Malheureusement, un certain nombre de contraintes d’ordre environnementales, réglementaires et économiques (pression des prix se sont ajoutées), se sont rajoutées aux besoins d’efforts de mutation..


Le secteur de l’énergie connait actuellement de fortes tensions poussant à l’innovation et les mutations et engendrant des besoins d’investissement encore accrus. Il s’agit par exemple de la nécessité d’adapter les réseaux pour intégrer les énergie renouvelables, leur donner la possibilité de transmettre des informations vitales au meilleur fonctionnement du secteur et à l’optimisation des consommations d’énergie, Sans oublier, le renversement de l’image du nucléaire qui va amener des efforts importants pour trouver des sources de production ou de réductions des consommations. Par exemple, les smartgrid  (réseau de distribution d'électricité «intelligent»), qui utilise des technologies de l’information de manière à optimiser la production et la distribution, mieux mettre en relation l'offre et la demande entre les producteurs et les consommateurs d'électricité et surtout assurer la sécurité de fonctionnement du réseau en présence de production décentralisée intermittente et aléatoire ( Solaire , Eolien) vont permettre de changer la donne énergétique de demain grâce au notamment aux importantes économies d’énergies qu’il pourrait permettre. De plus, la création d’infrastructures adéquates afin de développer la circulation des voitures électriques nécessite des investissements lourds et devrait constituer les changements majeurs des prochaines années.

Que pensez-vous de la conjoncture actuelle?


Beaucoup d’entreprises du secteur énergétiques sont endettées. Par conséquent, elles ne sont pas en mesure d’assumer tous ces investissements lourds nécessaires pour assurer ces mutations du secteur si la croissance n’est pas au rendez vous. Les infrastructures lourdes qu’elles ont à gérer engendrent des coûts fixes alors que leur revenu dépend fortement de la consommation. Heureusement  pour nous, les crises sont cycliques et ont une fin.

On peut espérer , que le plus gros de la crise sera passé, dès que ce second creux (bien attendu par les économistes) sera derrière nous. On devrait donc revenir à une période croissance, ralentie par les restrictions des finances publiques certes mais plus stable.

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