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La fusion des bourses n’aura pas lieu !

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Economie » Le 02/02/2012 à 13h08 par david galland S'abonner au RSS RSS Commentaires (0)

C’était pourtant le feuilleton boursier de l’année 2011… Tout le monde y croyait, moi le premier, et voilà que tout d’un coup, la commission européenne s’en mêle et annule le projet qui semblait pourtant alléchant. Cette rupture de « fiançailles » aura tout de même profité à certains car les frais engagés ont été astronomiques…

Une douche froide…


N’exagérons rien, on pouvait tout de même s’attendre à cette décision de la Commission Européenne. Cependant, il est toujours difficile de se retrouver face à la réalité… Du coup, je ne peux que comprendre (et partager), la déception des différents acteurs de cette fusion. Dominique Cerutti, le numéro 2 de Nyse Euronext, était tellement déçu qu’il a affirmé que la décision de la Commission est une « douche froide pour l'Europe » et qu’il n’excluait pas de faire un recours devant la Cour européenne de Justice. Tout avait si bien commencé, en cette belle journée du 9 février 2011, quand les dirigeants de Nyse-Euronext et de Deutsche Börse nous avaient promis la naissance d’un mastodonte américano-européen, qu’il est difficile de revenir sur Terre. Cette fusion aurait donné naissance à un acteur incontournable des marchés financier, notamment en ce qui concerne les produits dérivés pour lesquels il aurait contrôlé plus de 90% du marché européen. C’est une chose très importante pour les tenants de la fusion, car cet acteur aurait donc pu se mesurer aux leaders mondiaux, au premier rang desquels on retrouve bien entendu le CME (Chicago Mercantile Exchange), la bourse de Chicago. Ainsi, une trentaine personnalités européennes a publiée une lettre commune pour expliquer qu’un géant boursier aiderait l’Europe «à consolider sa position et à se doter d’une compétitivité durable vis-à-vis de centres financiers émergents». Le plus amusant dans cette histoire de fusion, c’est qu’elle na pas été accueillie avec la même ferveur des deux cotés de l’Atlantique. En effet, de nombreux opérateurs américains l’on perçue comme une nouvelle manifestation d’un prétendu déclin de Wall Street. Au contraire, alors que la fusion risquait fort de diminuer encore un peu plus le poids de Paris (je ne savais même pas que c’était possible…), les acteurs français, au premier rang desquels on retrouve le président de l’Autorité des marchés financiers, ont soutenu le projet. Et pourtant, cette fusion est bel et bien tombée à l’eau…

Les raisons du « drame » 


La Commission a justifiée sa décision par le quasi-monopole que le nouvel acteur né de la fusion aurait eu sur le secteur des dérivés. Pourtant, on ne peut que regretter, comme le fait Dominique Cerutti, que la Commission ait retenue un périmètre plutôt restreint, celui des échanges réalisés sur les seuls marchés réglementés européens. En effet, il est dommage que les membres de la Commission n’aient pas pris en compte que la plupart des produits dérivés sont traités sur des marchés non réglementés… On est donc en droit de se demander si la Commission a, comme elle l’affirme, souhaité éviter un abus de position dominante ou si, comme on peut l’imaginer, cette décision est motivée par l'ambition de casser des silos, ces groupes réunissant l'ensemble des activités de la chaine, de la confrontation des ordres jusqu'au règlement livraison en passant par la compensation. C’est d’ailleurs Joaquin Almunia, le commissaire en charge de la concurrence, qui a déclaré vendredi dernier que « si nous regroupons deux Bourses concurrentes et nous lions des activités de trading avec des activités de post-marché, établissant ainsi un silo, de sérieux problèmes de concurrence apparaissent ». En tout cas, cette décision pourrait bien mettre un terme définitif à la vague de consolidation qu’a connu le secteur des bourses ces dernières années. Pour Dominique Cerutti, il est donc « évident qu'il n'y aura pas, de nouveaux projets de fusion-acquisition de grande dimension en Europe compte tenu de ce signal fort envoyé par la Commission européenne ».

En conclusion, on peut regretter la décision de la Commission qui met un terme presque définitif à l’espoir de voir la naissance du leader mondial des bourses. Il y a fort à parier qu’après cet échec, peu de sociétés retenteront de telles opérations, mis à part les plates-formes alternatives (beaucoup moins réglementées) qui doivent nécessairement trouver des synergies pour survivre. Cependant, quand on voit les dégâts de la crise financière actuelle, on est en droit de se demander si l’on favorise vraiment la réglementation en permettant aux plates-formes alternatives de se développer…

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