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Publié le 29/06/2016 par

En quoi le Brexit peut être une chance pour Paris ?

Le référendum crée une chance historique pour renforcer l'influence de la place de Paris dans la finance européenne. Mais des réformes doivent être rapidement entreprises, notamment sur le plan fiscal.

En quoi le Brexit peut être une chance pour Paris ?

C'est un tournant historique. Le Brexit pourrait faire perdre à Londres sa place de leader de la finance en Europe. Ce qui n'était qu'une menace avant le référendum est en train de devenir une réalité. Les grandes banques envisagent de déplacer des activités du Royaume-Uni vers la zone euro. L'Autorité bancaire européenne serait, quant à elle, en train de préparer son déménagement. Mais pour aller où ? Au sein des pays de l'Union monétaire, la concurrence s'annonce féroce. Un combat pour lequel Paris ne manque pas d'atouts, mais qui nécessite de procéder d'urgence à des adaptations...

 

Changer de discours

Pour attirer les financiers - un temps considérés comme des « ennemis » - à Paris, il faut leur montrer qu'ils sont les bienvenus. Cela passe par une mobilisation générale des pouvoirs publics, de l'Etat aux collectivités locales, qui parlent d'une seule voix. Cette union sacrée a commencé à prendre forme début juin, autour de Paris Europlace, et les représentants de la place de Paris rencontrent ce mardi Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics. Objectif ? S'assurer notamment d'un vrai soutien politique pour les mesures à prendre. Mais il faudra également réussir à apaiser un climat social qui suscite des appréhensions chez les candidats au départ.

 

Mettre en valeur ses atouts

Face à ses concurrents d'Europe continentale, Paris peut miser sur des avantages évidents comme la présence de nombreuses entreprises clientes, un pôle de gestion d'actifs de 3.600 milliards d'euros ou les cinq grandes banques françaises dans le Top 20 européen. On y trouve également des professionnels bénéficiant de formations reconnues mondialement. La qualité du cadre de vie est également non négligeable. « Sur ce critère, le combat se joue entre Paris et Londres », souligne un acteur de la place. Il est néanmoins indispensable de renforcer certaines infrastructures de transport, notamment en Ile-de-France, l'offre de logements et de lycées internationaux permettant de garantir un enseignement de qualité en langues étrangères.

 

Adopter une fiscalité attractive

C'est sans doute le principal obstacle aux ambitions parisiennes. Un cadre en France coûte une fois et demie plus cher que partout ailleurs en Europe, pour un même montant de salaire, à cause des impôts et charges sociales. De quoi faire réfléchir les dirigeants des grandes banques anglo-saxonnes au moment de choisir leur future implantation. Une extension dans le temps du régime fiscal de l'impatriation, très favorable aux nouveaux arrivants, pourrait constituer une réponse immédiate. Mais il faudra aussi se pencher sur la taxe sur les salaires, qui grève principalement les banques et les compagnies d'assurances. Le maintien du projet de taxe européenne sur les transactions financières constituerait également un repoussoir.

 

Soigner les émetteurs

L'un des arguments principaux que peut mettre en avant la place de Paris est son avance dans les financements de marché, qui atteignent désormais 60 %. Sous l'impulsion de Bercy, en 2010, les conditions d'émissions obligataires ont été fortement facilitées. Mais des efforts restent à fournir pour l'accès des PME aux marchés. Et il faut que la place se mobilise pour soutenir Euronext, pilier de cette stratégie, face à la menace d'une fusion boursière Londres-Francfort.

 

Convaincre les fintech

Pour Alain Clot, président de l'association France FinTech, le Brexit est une « vraie opportunité » pour Paris d'attirer les jeunes pousses de la finance basées à Londres, qui ne bénéficieront plus de l'agrément européen pour rayonner sur le Vieux Continent. Outre une main-d'oeuvre qualifiée en finance et « data sciences », la France dispose d'un régulateur français plus conciliant vis-à-vis de ces nouveaux acteurs. Depuis le mois dernier, l'Autorité des marchés financiers et l'ACPR - le régulateur des banques et des assurances - ont créé un pôle commun dédié aux start-up de la finance afin de faciliter leurs démarches et de les orienter. « La régulation était le dernier obstacle véritable », se félicite Alain Clot. Pour Laurent Nizri, fondateur du Paris Fintech Forum, il reste néanmoins à le faire savoir, alors même que Dublin ou le Luxembourg sont plus connus pour leur souplesse réglementaire.

 

 

Source: Les Echos 

Guillaume Benoit, Les Echos
Ninon Renaud, Les Echos

A Propos de l'auteur

Thomas BOUCHER
Manager M&A chez Groupe Crédit Agricole

1 commentaire

Alain PIETRI
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Alain PIETRI

Comme nous en avons l'habitude, nous "philosophons" et nous voyons déjà "en haut de l'affiche"... Tant que le France aura ce système de taux d'imposition aussi exorbitant et prohibitif vis à vis des entreprises notamment les grands groupes (ceuillette facile pour résorber un déficit lié à sa structure et système de fonctionnement archaïques et dépassés... Au 30 Mars 2016, nous en étions à un déficit = 97,6% du PIB !...)... Paris ne pourra pas devenir la place financière de l'Europe (n'oublions pas qu'il y a Francfort sur la liste...)...
Londres, avec sa politique fiscale accommodante vis à vis des entreprises va continuer à attirer du monde !...
A prévoir : Des élections parlementaires anticipées en Angleterre, puis un nouveau référendum....
Ne crions pas trop vite victoire !

| Répondre | le 04/07/2016

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