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Publié le 02/02/2015 par

États-Unis : la croissance ralentit

États-Unis : la croissance ralentit

Après deux trimestres très dynamiques, la croissance américaine a déçu sur les trois derniers mois de 2014. Le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé sur un rythme annualisé de 2,6 % (soit une croissance réelle de 0,65 %) entre octobre et décembre, selon les statistiques publiées, vendredi 30 janvier, par le Département du commerce.

Le chiffre est très en deçà des attentes des économistes, qui tablaient sur une hausse de plus de 3 %. Sur l’ensemble de 2014 l’économie américaine a progressé de 2,4 %. Le chiffre est légèrement supérieur à la croissance de ces trois dernières années, qui s’est établie en moyenne à 2,2 %, mais reste très inférieure aux 3,4 % de moyenne que connaissaient les États-Unis dans les années 1990. « Le fait que le chiffre du quatrième trimestre soit en deçà des attentes ne doit pas occulter le tableau d’ensemble pour 2014, qui a été la meilleure année pour l’économie américaine depuis la récession », estime Joseph Lake, analyste pour The Economist Intelligence Unit.

  • La consommation tient bon

La bonne nouvelle de la fin d’année aura été la progression de la consommation, qui représente 70 % de l’activité économique des États-Unis. Les dépenses des Américains ont bondi de 4,3 %, du jamais vu depuis 2006. Cette vigueur s’explique à la fois par la baisse des prix de l’essence, qui a dopé le pouvoir d’achat des ménages et par la solidité du marché de l’emploi. Près de 3 millions ont été créés en 2014.

Sur les trois derniers mois de l’année, la consommation des ménages a ajouté 2,9 points de croissance au PIB. Avec une progression de 2,5 % sur l’ensemble de 2014, les dépenses des Américains retrouvent leur niveau de 2006. Cette bonne santé de la consommation se retrouve dans l’indice de confiance des ménages. Selon les dernières données de l’Université du Michigan, celle-ci n’a jamais été aussi haute depuis onze ans.

  • Les investissements ralentissent

En revanche, côté investissements, le rythme s’est nettement ralenti. Après un bond de 8,9 % au troisième trimestre, la croissance n’est plus que de 1,9 % au quatrième. Les dépenses des entreprises en équipements a même chuté de 1,9 %. C’est le plus fort recul depuis le second trimestre 2009.

Autre mauvaise nouvelle : l’accroissement du déficit commercial, qui s’est établi à 471,5 milliards de dollars, alors que les importations ont augmenté trois fois plus vite que les exportations. Une tendance logique, alors qu’au cours des trois derniers mois de 2014, le dollar a commencé son envolée face au yen et à l’euro, pénalisant ainsi la compétitivité des États-Unis.

  • Les dépenses publiques reculent

Dans le même temps, le ralentissement économique en Asie et Europe a pesé sur les exportations américaines. Au total, le commerce extérieur a coûté 1 point de croissance. Cet indicateur est toutefois à prendre avec des pincettes dans la mesure où les chiffres du mois de décembre n’ont pas eu le temps d’être pris en compte. Il faudra donc attendre la deuxième estimation du PIB en février, voir la troisième en mars pour avoir une idée plus précise.

Enfin le recul des dépenses publiques de 2,2 % a coûté 0,4 point à la croissance, compensé toutefois par la croissance des stocks des entreprises qui a contribué au PIB à hauteur de 0,8 point.

Même si la croissance américaine semble solide, l’année 2015 s’annonce contrastée. « La Réserve fédérale va augmenter les coûts d’emprunt et freiner les dépenses de consommation, anticipe M.Lake. La faiblesse de la demande extérieure va également peser sur l’économie américaine, qui ne peut pas bondir indéfiniment, alors que les autres pays sont confrontés à une faible consommation et à la désinflation. La force du dollar rendra les produits américains moins compétitifs. Tous ces facteurs finiront faire ralentir l’économie américaine, même si elle connaîtra des taux de croissance à faire pâlir d’envie l’Europe », affirme-t-il.


Source : Le Monde

A Propos de l'auteur

Théophile HENRY
Consultant en recrutement chez DogFinance

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